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 Why do fools fall in love ? ♬ Gloria

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Sujet Alpha
MessageSujet: Why do fools fall in love ? ♬ Gloria   Lun 12 Aoû - 14:36



Why does my heart skip a crazy beat
For I know it will reach defeat
Tell me why, tell me why
Les voilà qui marchaient sous le soleil de plomb, s’éloignant de la fraîcheur non négligeable qu’apportait la fontaine. La chaleur avait beau être harassante, Josemarìa se sentait bien plus léger depuis qu’il avait légué son blouson à l’italienne. Et justement, ça le travaillait. Elle le lui avait dit, et il le savait : la demoiselle n’avait rien fait de particulier pour mériter d’entrer dans son gang. A vrai dire, la petite Gloria ne possédait pas la trempe ou le caractère pour être membre, loin de là. Aussi inoffensive qu’une mouche et bien trop sage. Comment en était-il venu à l’accepter dans le groupe ? Sans doute qu’après un an à essuyer les refus et à chercher désespérément des gens méritant ce privilège, les conditions d’entrées s’étaient faites plus laxiste …
La deuxième chose qui le travaillait était bien plus triviale ; lui ne souffrait plus trop de la chaleur, mais blondie ici présente, avec SON blouson sur les épaules, devait la sentir. Mon dieu, le Greaser deviendrait il consciencieux ? En tous les cas, il reprit le vêtement en lui assurant qu’il le lui rendrait après. Il fallait avouer que le vêtement pesait son poids, en plus d’être brulant. Le jeune homme le savait bien, à force de le supporter les jours de grand beau.  

L’air climatisé du centre commercial les enveloppa au moment où ils rentrèrent dans le bâtiment. Le noiraud en laissa même échapper un soupir de soulagement, affichant le même air ravi qu’un peu plus tôt ; La perspective d’aller à nouveau se remplir le ventre avait, au moment même où la jeune fille l’avait exposée, illuminé le regard du jeune homme. Rien ne sonne plus délicieusement à l’oreille d’un sac sans fond que ‘Ça te dirait un autre milk-shake ?’. La proposition lui avait permis de rebondir sur les motifs de cet engagement soudain d’un « Tu marques de plus en plus de point, sweety. T’as définitivement ta place parmi nous. ». Enfin, nous, les autres membres inexistant quoi ; ou plutôt d’anciens membres de son gang, là-bas en Argentine, qui restent malgré tout dans son cœur –de façon virile, avait-il précisé en racontant une énième anecdote contrefaite. Oui, car le trajet de la fontaine jusqu’à la table où trônait les deux milk-shake ne fut pas silencieux ; au contraire, la demoiselle dût être assommée par le flot incessant de parole s’échappant de la bouche de son camarade. Si la tête ne lui tournait pas en plus à force de devoir suivre le jeune homme du regard, marchant tantôt à reculons, tantôt à ses côtés, lui tournant autour pour revenir à sa première place. Durant ce trajet ridicule, Jo’ avait bousculé deux filles, renversé une plante et marché sur exactement trois pieds différents. Un quasi record d’inattention pour lui : il était bien trop occupé à rendre ses histoires vraisemblables. Pour être franc, il avait l’air vraiment heureux de les étaler et, à nouveau, on pouvait voir briller cette étincelle au fond de ses iris bleus.

Le milk-shake était donc grandement mérité, après toutes ses péripéties et les hectolitres de salive gaspillée. Josemarìa sirotait –sans surprise- bruyamment le nectar divin, à moitié affalé sur sa chaise. Il abandonna un instant sa paille, toisant la jeune fille du regard. « Et toi ? Tu foutais quoi avant de débarquer dans l’coin ? »
Voilà un des nombreux passe-temps inventé par monsieur depuis sa venue sur l’île : briser cette foutue histoire de nouvelle identité. Comme si un stupide papier pouvait effacer des années de souvenirs et d’événements ! Et puis, il adorait l’air mal à l’aise des autres sujets lorsque la question tombait, ou leur fâcheuse habitude à rappeler qu’ils ne sont pas censé en parler. Jo’ s’en contre-foutait : de toute manière, vu le tissu de mensonges qu’il servait aux autres, on ne pouvait rien retourner contre lui. Les gens honnêtes, en revanche …
Mais tous ont peur de la même chose. Peur alors que rien ne les empêches d’être juste eux-mêmes, et pas une autre personne : ils ont peur d’associer leur personne et ce nouveau soi ; celui qui est porteur de la particule virale ; celui qui va lamentablement clamser avant même d’avoir vu la trentaine ; celui qui, au fur et à mesure que les années passent, voit son temps à vivre s’évaporer sans jamais pouvoir le récupérer. Et Jo’ ne faisait pas entièrement exception à la règle.
Dans le silence, le tic-tac de l’horloge murale semblait résonner funèbrement. Tic, tac, tic, tac. Pourtant, en dehors de la petite table carrée, la vie continuait. Mais pour combien de temps ? Tic, tac, tic, tac. Jo’ attendait sa réponse en tapotant contre le table. Tic, tac, poc, poc, tic, poc, tac, poc, tic …
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MessageSujet: Re: Why do fools fall in love ? ♬ Gloria   Mer 21 Aoû - 22:02

La proposition avait été lancée sans vraiment y penser, à vrai dire. Gloria cherchait à dire quelque chose, histoire de chasser le silence trop lourd à son goût, et surtout, dissimuler sa gêne croissante, cet embarras presque constant en la présence de l’argentin. Ah, ce garçon était terrible, il avait le don de la gêner quoi qu’il arrive. Et ce autant par son attitude que ses gestes, et surtout ses paroles. Et ce ne fut qu’après quelques minutes qu’elle se rendit finalement compte d’un point qui n’allait surement pas améliorer sa gêne. Après tout, ne venait-elle donc pas de l’inviter à aller boire quelque chose ? Ça ressemblait beaucoup à un rendez-vous, tout innocent qu’il soit. Et de ce qu’elle connaissait du noiraud, il y avait de fortes chances qu’il prenne ça pour un rendez-vous galant. Quoi qu’avec un peu de chance, ça n’arriverait pas. Peut-être que lui aussi était suffisamment vieillot pour considérer que c’était aux messieurs d’inviter les demoiselles. Ah oui, il fallait que ce soit ainsi, elle y comptait beaucoup, pour le coup. Ah, quel embarras !

Et pourtant, elle ne s’était pas défilée, oh non ! Pire encore, elle s’était donc rendue avec lui en direction du centre-commercial, histoire de pouvoir trouver les fameux milk-shakes visiblement très convoités par son compagnon. Un chemin rythmé et animé par le flot incessant de paroles provenant du jeune homme à ses côtés. Oh, et dire qu’habituellement on osait clamer que les femmes étaient des pipelettes. Eh bien lui tenait tout à fait la distance face à bien des commères ! Cependant, autant le dire, ça ne la dérangeait pas tant que cela, la douce italienne. D’une part, parce qu’elle n’avait pas ainsi à devoir faire la discussion, chose pour laquelle elle était affreusement mauvaise, bien malgré elle et ses efforts. Et puis, elle devait bien avouer qu’entendre ses récits, parfois très extravagants, n’était pas désagréable. Et même, la blondinette les trouvait très intéressante, l’écoutant d’une oreille attentive, tout en tentant de la garder dans son champ de vision. Mais c’était qu’il avait la bougeotte, dis donc ! Jamais elle n’avait rencontré personne aussi agitée que le noiraud, c’en était presque effarant.

Lorsqu’il avait récupérer le lourd blouson de cuir de ses épaules, la sage demoiselle n’avait pas pu s’empêcher de se sentir on ne peut plus soulagée. Parce que mine de rien, en plus d’être lourd, c’était aussi affreusement chaud ! Et vu le soleil de plomb qui les réchauffait depuis ce matin, elle n’avait nullement besoin d’une couche en plus. Par contre, elle s’interrogeait à présent. Comment lui faisait-il pour supporter cela ? Ah, ce garçon était bien étrange.

Un frisson était venu lui chatouiller la nuque lorsqu’enfin le centre-commercial –et sa soudaine fraicheur- fut atteint. Il n’y avait pas à dire, ils étaient bien mieux là. Puis, monsieur parlait toujours, et elle n’osait toujours pas lui couper la parole, à vrai dire. Quand bien même ce dont il parlait faisait partie des choses qui techniquement devaient être oubliées ici. Oh, c’était triste et douloureux de tout boulier, tout renier. Et pourtant, comme tous les autres ici, elle l’Avait fait, Gloria, elle l’avait fait sans trop se poser de question. Dans un premier temps, du moins. Car l’entendre parler de chez lui, toutes ces aventures incroyables lui faisait penser à sa famille à elle. Et à quel point elle pouvait lui manquer. Ah, c’était terrible pour son petit cœur, et n’arrangeait en rien cette crainte mordante de se retrouver seule. Oh, ce que cela pouvait l’effrayer, tellement.

La question qu’i lui adressa soudainement lui fit relever les yeux, jusque-là fixés sur le gobelet en plastique de son milk-shake à la vanille. Elle ? Oh… Tout à coup, elle se sentait quelque peu nerveuse. A vrai dire, elle faisait partie de ceux qui craignait les représailles possibles, et… Devait-elle lui confier cela ? Elle hésitait beaucoup, douce Gloria.
Alors, elle prit une gorgée de plus, se mordillant la lèvre par la suite, fuyant son regard. Avant de finalement oser quelques mots. « Mes parents avaient une ferme, en Italie… C’est là-bas que j’ai grandi. » Au fond, elle n’avait rien de palpitant à lui raconter, elle. Juste une petite vie tranquille dans une jolie ferme. « Mon père travaillait souvent, alors il n’était pas souvent présent, mais… C’était bien. » Et tout à coup sa voix semblait bien triste, lourd d’un chagrin qu’elle voulait oublier. Si seulement.

Doucement, la blonde glissa ses mirettes fauves sur le visage de son vis-à-vis, l’observant quelque peu. Et elle se demandait bien ce qui lui était arrivé, encore une fois. Comment était-il devenu ainsi, si abîmé. Pourtant, encore, elle n’osa pas demander, reprenant plutôt sur le sujet évoqué plus tôt. « Et c’est plus ou moins tout… Il ne s’est jamais rien passé dans ma ville. J’avais la ferme et les animaux. Mes parents et ma grand-mère ainsi que mon frère. Et voilà. » Un sourire bien doux étira doucement ses lèvres pulpeuses, alors qu’elle reprenait une gorgée de milk-shake, encore.

Malheureusement, elle était curieuse, alors, après quelques instants à tergiverser sur la question, elle finit alors l’interroger à son tour, oubliant à quel point il pouvait être parfois très nul. « Et… Être chez toi te manque parfois ? » Un soupire. « Souvent je me dis que ma mère… Qu’elle aurait dû refuser. Ca me manque beaucoup d’être là-bas… Vraiment. » Et le derniers mots s’évanouirent dans un soupir chargé de tristesse, une fois de plus.
Elle devait pourtant penser à autre chose, oui. Mais rien de très joyeux ne traversait son esprit actuellement. Elle fixait juste son gobelet, histoire d’éviter le regard bleu de Josemaria, qui lui aussi la troublait un peu. Il était très joli, après tout. « J’aimerais bien rentrer chez moi… »
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MessageSujet: Re: Why do fools fall in love ? ♬ Gloria   Mer 21 Aoû - 23:16


Ça paraissait … Irréel.

Oui, irréel était le mot. Premièrement, parce que pour une fois, Josemarìa semblait réellement porter attention à la réponse de la jeune fille, et deuxièmement parce qu’il s’était mis à siroter son milk-shake silencieusement. Deux miracles pour le prix d’un, voir même peut-être trois, mais le troisième n’était pas forcément visible. Face à la mine attristée de la blonde, le Greaser ne put s’empêcher de regretter d’avoir posé cette question débile. A croire que la quatrième dimension venait de s’emparer de la petite table carrée. La vie passée de Gloria n’était même pas particulièrement intéressante, mais la façon dont elle en parlait… C’était… Touchant ? Mon dieu, Jo’ se sentait vraiment comme une gonzesse à penser ce genre de choses, et pourtant il ne pouvait s’empêcher de ressentir un pincement au cœur en la voyant soupirer ainsi.

Le noiraud haussa les épaules. Être chez lui ? Peuh, ici, au moins, il était sûr de pouvoir manger pour le restant de ses –courts- jours. Et puis, après une telle trahison, sa mère n’allait pas lui manquer. Ou du moins il préférait ne pas y penser. Enterrer la question, la laisser étouffer dans un cercueil si pied sous terre pour ne plus jamais en entendre parler.
Les paroles de sa camarade coïncidaient parfaitement à ses pensées, augmentant davantage son profond malaise. Il en arriva même à avoir l’air aussi chagriné que la demoiselle, toujours affalé sur sa chaise mais les bras croisés sur sa poitrine, le regard tombant un instant sur son milk-shake devenu affreusement écœurant à la suite de cette conversation, avant de chercher à nouveau le contacte avec les yeux de la belle. C’était si… Etrange. Elle ne lui faisait pas pitié comme les autres ; il ne la trouvait pas misérable au possible, encore moins insignifiante. Il… Il pouvait presque s’identifier à ses paroles, ou du moins une partie de lui, cachée sous sa tonne de cire à coiffer. « C’est moche. » Oui, c’était moche de se sentir vendu, trahit pour du beau papier vert. Peut-être que Gloria le ressentait différemment, mais il était clair que cela l’attristait tout autant que le jeune homme. « Mais… » Jo’ grommela quelque chose et prit une gorgée de milk-shake. Rien à faire, le goût horriblement sucré continuait à le dégoûter, comme si cet arrière-goût amer dans sa bouche rendait tout affreusement doux et édulcoré. Comme si on essayait de camoufler cette amertume en ne la rendant que plus immonde. « T’as de bon souvenir. ‘Faut pas les gâcher en pleurnichant sur des ‘et si’… ‘fin… J’sais pas. J’pense qu’c’est mieux, ouais. » V’là qu’il perdait complètement ses mots et s’énervait tout seul sur son incapacité à trouver quelque chose de drôle à dire. Il essayait de la réconforter, mais ce n’était clairement pas son domaine. Le noiraud n’était bon qu’à froisser et à embêter.

Un juron lui échappa, à demi marmonné entre ses dents. Il semblait réellement irrité de repenser à ces choses désagréables. Un ressac de ressentiment enfoui sous le sable, à présent exposé à la vue de tous. De quoi chambouler le petit rebelle, observant à présent le reste du centre commercial pour oublier l’italienne et sa nostalgie débile. Un vrai pléonasme, ça. La nostalgie, c’était débile, un point c’est tout. Complètement inutile, emmerdant au possible.
Et pourtant.

Pourtant il commençait à l’être aussi, nostalgique. De trucs insignifiants, stupides. Même pas de ses potes et de son pseudo gang de bras cassés.  Non. Des choses plus compromettante, genre sa mère. Les bons moments, pas ceux où elles se laissaient mourir sur le canapé. Lorsqu’ils regardaient un film. Lorsqu’ils faisaient des trucs cool, genre essayer de faire de la planche à roulette pour lamentablement s’éclater au sol. Lorsqu’elle daignait de lui panser son genou écorché. Lorsqu’elle lui caressait le front alors qu’il prétendait dormir. Ces putains de choses triviales qui lui remontaient d’un coup dans la gorge et restaient coincée là, formant une boule dans son œsophage. « Hey. » Sa voix chevrotait légèrement, un nouveau phénomène paranormal. Il se tourna enfin vers Gloria, laissant transparaître son chagrin une poignée de seconde avant de lui adresser un grand sourire. « Mais si elle avait pas fait ça, tu causerais pas avec moi là. » Pas sûr que cela soit très réconfortant, mais c’était mieux que rien. « Et puis, sérieux, une ferme ? Hey, babe, c’est un véritable ZOO ici ?! T’vois pas la faune autour de toi ? » Et l’argentin se lança sur une grande comparaison animalière sur tous les passants, plus ou moins gentiment, des fois assez fort pour s’attirer les foudres d’une demoiselle au coup de girafe ou d’un éléphant en polo, pour finalement se faire jeter hors du café pour tapage.

Alors Josemarìa s’appuya sur l’une des barrières du centre commercial, son blouson en cuir rejeté sur l’épaule, s’allumant une clope malgré les règles. Fuck the rules, rien à péter. L’euphorie retombait gentiment et le jeune homme redevint contemplatif, ses yeux bleus perdus dans le vague. Les pensées désagréables recommençaient à lui tourner en tête. Il se rendit compte qu’il avait complètement oublié de prendre son milk-shake en se faisant jeter dehors. Bah, un de perdu, dix de retrouver, si le gérant le laisserait revenir le lendemain. « T’sais, Gloria. » Son prénom sonnait si différemment que la dernière fois, presque étrange. « Prends-toi pas trop la tête. » Ouais, miss, arrête de te prendre la tête, après je fais pareil, c’est emmerdant. « T'es plus jolie quand tu souris. »
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